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Mise en circulation

La 4cv

À l'instar de la 2 CV, la genèse de la 4CV prend ses racines à l'époque de l'occupation allemande durant la période trouble du début de la décennie 1940. Vers 1942, alors quel'occupant nazi musèle toute activité autonome, du personnel de Renault, dont Charles-Edmond Serre et Fernand Picard, décide de mettre au point le véhicule de la marque qui sera commercialisé une fois les hostilités achevées. Car enfin, cette guerre prendra bien fin un jour ! La 4CV sera ainsi dévoilée au Salon de Paris de 1946.

AVANT-PROPOS

A la fin de la seconde guerre mondiale, les usines Renault sont confisquées puis nationalisées par le nouveau gouvernement français. Renault, accusé d’intelligences avec l'ennemi (voir notre encadré sur la mort de Louis Renault), le nouvel état français décide en guise de représailles de s’accaparer (sous la pression des communistes) l'usine et la production du constructeur.

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Pierre Lefaucheux (qui se tua bêtement au volant d'une Renault Frégate en 1955), ancien poilu et authentique résistant, sera nommé administrateur provisoire, puis PDG de la nouvelle Régie Nationale des Usines Renault (RNUR). Sous l'impulsion de ce brillant manager, la 4 CV va devenir ce qu'elle fut. La Renault 4 CV entre en production dès 1947. Elle présente pour caractéristique d'être uniformément peinte d'une couleur jaune sable. En fait, sa couleur procède de surplus de peinture de l'Afrika Korps (corps de l'armée allemande destiné à combattre dans le désert et commandé par le Maréchal Rommel) en ces périodes de pénuries. La nouvelle 4 CV, compte tenu de sa couleur, de sa forme aussi, prend alors le sobriquet populaire de "La motte de beurre".







Pierre Lefaucheux pose fièrement à côté de la toute récente 4 cv.


La 4 CV À SA SORTIE

Il s'agissait d'une berline 4 places, dotée de quatre portes (l’étude primitive, durant l’occupation, portait sur une deux portes, mais Pierre Lefaucheux imposa par rationalité les deux autres portières) et d'unmoteur 4 cylindres disposé en porte à faux à l'arrière (la Volkswagen Coccinelle inspira fortement les concepteurs) et revendiquant une cylindrée de 760 cm3 pour une puissance culminant à 17 ch. Par la suite, la cylindrée fut ramenée à 748 cm3 et la puissance portée à 21 ch. La boîte de vitesses était à 3 rapports, mais la premier n'était pas synchronisé.


LA CARRIÈRE DE LA 4 CV

La carrière de notre 4 CV s'étala de 1947 à 1961. Il s'écoula environ 1 100 000 exemplaires de ce modèle, qui fut également produit au Japon sous le nom de HINO.

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Tout au long de ces années, la petite Renault d'après-guerre évolua, soit par le biais de son constructeur, soit par la coquetterie de préparateurs. En 1949, on rendit ainsi plus convexe son pavillon afin d'amender sa garde au toit. La suspension arrière, qui semblait être l'un des points noirs de cette voiture, fit l'objet de toutes les attentions. Le moteur, consécutivement à ses engagements dans des rallyes, subit des cures de vitamines à l'envi.

Uniformes et unicolores, les 4 CV “mottes de beurre” sorties d’usine, n’attendent plus que la livraison chez les concessionnaires.


CONCLUSION

Très loin d'égaler la popularité et la longévité de la 2 CV dont elle subit la féroce concurrence, la 4 CV n'en contribua pas moins à redynamiser l'industrie automobile française moribonde de l'après-guerre. Son caractère esthétique, ses quatre portes, son 4 pattes arrière, tout autant que sa bonne “bouille”, lui valent aujourd’hui une place de choix chez les collection neurset un véritable statut d’icône.

LA MORT DE LOUIS RENAULT

Louis Renault est le fondateur de la marque qui porte son patronyme (avec ses frères Marcel et Fernand). Grand manitou de l'épopée automobile de la fin du XIXe et de la première moitié du xxème siècle, pilote des voitures qu'il construisait (avec du succès dans les deux disciplines), il fut accusé de collaboration avec l'occupant nazi, arrêté en 1944 et mourut un mois après son incarcération, victime des mauvais traitements de ses geôliers.

Avec le sens de l'équité qui nous caractérise :-), il est peut-être souhaitable ici de rétablir une vérité quand l'histoire n'a jamais retenu que la collaboration de Louis Renault avec l'occupant allemand. Louis Renault fut ainsi la victime de son époque. En 1940, celui-ci fut mandaté par le gouvernement pour négocier l'achat de tanks américains destinés à combattre les allemands.
Quand il revint en France, il trouva les nazis à la porte de son usine de Billancourt (dont des ingénieurs de Daimler-Benz), désireux de la transférer, avec son personnel, sur le territoire du IIIème Reich. Louis Renault manoeuvra pour que l'usine restât en France et accepta de construire des camions pour la Wehrmacht (l'armée allemande) à cette condition. Mais Louis Renault détourna ou sabota pour partie le travail qu'il livra aux allemands, en faisant, par exemple, raccourcir les jauges à huile des camions destinés au front de l'Est, lesquels, fatalement, cassaient. Une partie importante des bénéfices réalisés par Renault étaient également redistribués au fond d'aide aux prisonniers de guerre français.

Convaincu de sa probité et d'avoir évité le pire à son usine et à ses ouvriers - lesquels bénéficièrent d'aides importantes de Renault durant l'occupation -, Louis Renault refusa de s'éclipser lors de la libération alors qu'il en avait parfaitement le loisir. Mal lui en pris en cette période d'épuration où les attentistes de l'occupation devinrent souvent des juges implacables. Le gouvernement français spolia la famille Renault (qui n'est toujours pas dédommagée) et Louis Renault fut assassiné pendant sa détention, vraisemblablement frappé à coups de casque sur la tête par ses tortionnaires. La version officielle retient un décès consécutif à une crise d'urémie, ce que des examens opérés post-mortem contredisent totalement et révèlent la rupture d'une vertèbre cervicale (!). Louis Renault était détenteur à près de 99 % de sa marque automobile : l'état français de l'après-guerre le devint après séquestre à 100 %.

  • PRODUCTION : de 1947 à 1961
  • MOTEUR : 4 cylindres (760 puis 748 cm3)
  • BOÎTE DE VITESSES : 3 rapports manuels
  • PUISSANCE : 17 puis 21 ch
  • FREINAGE : tambours av et ar
  • DIMENSIONS : L 3,66 m, l 1,43 m, H 1,47 m
  • POIDS : 600 kg
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