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| Ces bottes de moto qui n'en sont pas ... |
| Ces bottes de moto qui n'en sont pas Part 2 |
Quand on parle botte moto, la clientèle sportive pensent bottes de Goldorak, les bikers pensent bottes américaines avec ou sans boucle, le citadin ne pense rien et roule en Richelieu, et le roule-toujours chausse ses Cat (Caterpillar) au quotidien. Pourtant, entre ces quatre parangons de la chaussure, il y a la place pour tout un choix de groles à porter au quotidien à moto, sans sacrifier votre style - et même votre élégance ! -, tout en gardant à l'esprit que rien ne protégera aussi bien vos pétous et autres tibias qui en forment le prolongement que la botte spécifique moto que l'on peut certes porter pour partir en randonnée ou en arsouille, mais que l'on se sentira obligé d'ôter pour faire le kéké tous les jours au bistrot de la BDC, au bureau, au magasin ou pis encore, en soirée ! Nous vous proposons donc ici une revue de détails personnelle de la mode motocycliste. Une mode moins sportive, plus universaliste...
Note de l'auteur
Soyons pragmatiques : cet article ne s'adresse pas véritablement au motard sportif tel que nous le connaissons, par exemple nous ici, en Nouvelle-Calédonie. Savoir un passionné, mais qui roule essentiellement le week-end avec pour ultime et seule philosophie l'arsouille ! Dans ces cas-là, les bottes Goldorak feront magnifiquement l'affaire. Elles sont souvent étanches, protectrices, profilées et, mauvaise foi mise de côté, elles savent aussi à l'occasion faire preuve de sobriété : suffit de les bien choisir !
Non, nous parlerons plutôt ici des "chaussures de motos" à porter au quotidien. Selon les styles, elles pourront même vous habiller le pied au quotidien...
NEW ROCK INFAMY : New Rock est une marque espagnole (qui fabrique en Espagne, il est utile de la préciser en ces temps de délocalisation et de crise économique hispanique hyperbolique). Sa spécialité est plutôt le style gothique, souvent hot, mais le modèle ici essayé est le plus soft de la gamme et s'accorde parfaitement à notre usage. La finition est très loin d'être exempt de reproches, la première semelle est collée à la semelle de contact avec le sol et, tôt ou tard, se décollera (il est alors possible de rattraper le décollement plus ou moins durablement avec une colle idoine), une couture a cédé sur environ 6 cm et gagne du terrain (sur l'arrière de la botte), ce qui paraît énorme pour des chaussures de marque et relativement chères. On a vu pire cependant. Mais le confort est au rendez-vous, le cuir, suffisamment épais, est d'un toucher presque sensuel, la semelle crantée résiste fort bien à l'usure (et recueille tous les graviers croisés because ses sculptures importantes), le cuir ne souffre pas de l'usage du sélecteur (mais il peut se marquer pour toute autre raison, évidemment, ce qui est notre cas), les lacets d'origine sont très solides (une paire de rechange est intelligemment fourni dans la boîte), et la botte mi-haute a carrément de l'allure aux pieds pour qui aime ce style. Il est toutefois à noter que les New Rock Infamy peuvent être portées avec un échantillon assez large de pantalons.
Question sécurité, le bout coqué protège très correctement l'avant du pied, le talon est suffisamment rigidifié, reste la tige d'une épaisseur convenable pour résister à une abrasion de courte durée - ce qui n'est pas mal du tout, déjà ! -, mais peu susceptible d'amortir un véritable choc, notamment pour la partie la plus fragile, savoir les chevilles. Toutefois, pour des chaussures fashion, initialement non destinées à la monte motocycliste, le bilan peut être considéré comme plutôt positif pour des chaussures stylées d'inspiration rangers, le look en sus, qui vous protègeront autant que faire se peut compte tenu d'une vocation différente. Leur étanchéité est naturellement perfectible et, en cas de fortes pluies, l'eau pénètre d'abondance. Reste une finition accidentée et une durabilité des collages qui inquiète. 14/20 (mais 0/20 pour des coutures New Rock très mal réalisées)
Site Internet : www.newrock.es
Plus :
- Esthétique
- Confort
- Résistance à l'usure de la semelle
- Se chausse assez rapidement grâce à une fermeture zip complémentaire
- Port très agréable
Moins :
- Finition perfectible
- Une couture est en train de lâcher complètement sur notre paire de bottines
- Le collage d'une semelle présente un aspect inquiétant relativement à sa pérennité
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DOC MARTENS 1940Z : Ici on donne déjà dans la botte style (prononcez à l'américaine : "staïle" !), puisque nous observons sur ce modèle une tige particulièrement haute et un laçage unique sur 28 oeillets ! Faut aimer le style, vraiment. Traditionnellement, les Doc Martens arborent des coutures jaunes au niveau du cousu de la semelle, une semelle translucide à coussin d'air (dont on ne ressent pas particulièrement le confort relativement à une bonne semelle caoutchouc, style New Rock) et une languette de préhension sur le haut de la tige sur laquelle est inscrit "Airwair" (en jaune, sur fond noir, bien sûr). Sacrilège ! : les Docs ne sont plus fabriquées en Angleterre, mais en Chine, pour des raisons économiques. Reste aux puristes à se rabattre sur les quelques exemplaires spécialement encore fabriqués au royaume de sa très gracieuse Majesté pour le geste, et royalement intitulés "Made in England". A l'origine, les Doc Martens étaient des chaussures orthopédiques. Mais elles furent ensuite le symbole de certains mouvements sociaux. Citons essentiellement les punks ou encore les skinheads, qui n'ont rien à voir les uns avec les autres évidemment, sinon l'amour des mêmes groles.
Notre modèle - et nous l'avons choisi pour cette raison aussi - est coqué sur l'avant (pièce de métal renforçant ou protégeant l'avant du pied, idéal pour mouiller des coups de botte). Il se révèle paradoxalement d'une relative assez bonne étanchéité, notamment grâce à sa tige haute et cintrée, qui le rend totalement imperméable aux petites pluies. Par forte pluie, l'eau pénètre assurément par le système de fermeture à lacets. Le cuir se marque facilement, et l'usage du sélecteur ne lui fait point de cadeau. Question sécurité, c'est pas mal pour le pied, c'est moins bien pour la tige. Pas de protection des chevilles. 13/20
Site Internet : www.drmartens.com
Plus :
- Finition correcte
- Solidité de la botte selon toute apparence
- Étanchéité relative
- Lacets résistants
Moins :
- Cuir de qualité moyenne et peu épais
- Ne pas mettre lorsqu'on est pressé (28 oeillets / trous)
- Protection tige quasi inexistante dans un usage moto
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SOUBIRAC DICKENS (modèle cousu) : Soubirac est une marque française, très ancienne, à la réputation bien établie et fabriquant généralement des bottes ou vêlements d'excellente composition. J'ai acheté les Soubirac Dickens en promotion sur un site marchand d'Internet en lieu et place de sur-bottes semellées qui dépassaient déjà le tiers du prix des Dickens, me disant que, finalement, la différence seraient largement compensée par la qualité de vraies chaussures de marque et - avec un peu de chance - à peu près étanches aux pluies modérées. Question étanchéité, j'ai testé ces chaussures (après les avoir graissées bien que ce cuir soit réputé avoir subi un traitement hydrophobe) sous pluie modérée et pluie violente, parfois très violente, et même routes inondées. Il n'y a pas de miracle absolu, mais le résultat reste globalement positif et les effets plutôt satisfaisants. Les pluies modérées ne lui font pas peur du tout et vos pieds restent au sec, mais en cas de déluge, les gerbes d'eau projetées par certains véhicules n'ont décidément aucun humour et viennent à bout, compte tenu de leur force et de leur masse, de la résistance à l'étanchéité de ces bottines. Ces tests ont eu lieu dans des conditions difficiles mais n'ont pas excédé une trentaine de kilomètres consécutifs à chaque étape. Ces tests d'étanchéité mériteraient à ce titre d'être davantage développées et nous vous tiendrons avisés de ces développements (encore que si je peux personnellement éviter de trop rouler sous un déluge, n'est-ce pas ?...). Notons que globalement, ces bottines sont nettement plus étanches qu'elles n'y paraissent.
Sur le plan du confort, les Soubirac Dickens comptent parmi ce qui se fait de mieux. De vraies charentaises ! Leur souplesse, leur élasticité ne font jamais défaut. Ce qui ne les empêchent pas de bénéficier de renforts malléoles aux chevilles et - surtout - de posséder des semelles qui, même par temps de pluie, ne glissent pas sur les caoutchoucs des cale-pieds. Les gros rouleurs apprécieront. Par surcroît, les Soubirac Dikens passent avec tout : costard comme jean's. Au chapitre de la sécurité, on regrettera essentiellement l'absence de coque sur l'avant et un manque de rigidité de la chaussure qui paye ici son extrême confort. Pour le reste, le cuir est épais et un renfort aux chevilles est prévu, nous l'avons dit. Des chaussures montantes de motard élégantes et fonctionnelles vers lesquelles les citadins pourront facilement s'orienter. 14/20
Site internet : www.soubirac.com
PLUS :
- Compromis élégance / sécurité
- Confort
- Étanchéité intéressante
- Passe partout
- Finition de bonne qualité
- Résistance assurée en version cousue
- Made in France
MOINS :
- Usure semelle paraît relativement rapide (à vérifier dans le temps)
- Lacets d'origine (trop longs) ont vite lâché
- Non coquée sur l'avant du pied
- Absence de rigidité de l'enveloppe
Crédit photos : Argus de NC