Cela fait des années que nous en parlons, le pétrole bon marché, c'est du passé dépassé. Nous avons également écrit que ce marché sera soumis à des soubresauts, pouvant culminer ou s'effondrer fonction de la conjoncture économique internationale. On l'a vu culminer en 2008 puis s'effondrer ensuite lamentablement quand on a cru - à juste titre - que le système entier pouvait s'écrouler. Or donc, le système, loin d'avoir été remis en place, a été placé sous perfusion, et c'est un peu comme si aujourd’hui on manquait de plasma. Donc le pétrole, sachant que son unité de mesure - le baril - est au plus haut actuellement, se place inexorablement dans une tendance haussière durable, avec d'éventuels soubresauts inhérents à une conjoncture en plein chaos chronique. Il va falloir composer avec.
Nous vous proposons ci-dessous un tableau assez complet de la situation actuelle, de son devenir potentiel et, surtout, nous vous proposons quelques parades qui vous permettront, dans la durée, de réaliser des épargnes sensibles de carburant. Pas de quoi vous offrir un tour du monde, mais qui sait ? Suivez le guide, car c'est à votre argent qu'on en veut, mais de la façon la plus profitable pour vous ! C'est ce qui nous distingue des autres...
Le pétrole n'avait certes pas besoin de ces décharges d'adrénaline pour faire son kéké sur les marchés boursiers. Ce que les journalistes vertueux nomment « vent de liberté », expression que nous nous garderons d'employer tant que nous n'aurons pas vu ceux qui viendront se substituer aux anciens maîtres dans certains pays producteurs de pétrole (et dans d'autres prochains pays ?), attise les craintes du marché et fait bondir, chaque jour un peu plus, le prix du baril. Lequel se répercute ipso facto par un enchérissement lors du remplissage de votre réservoir de carburant, que vous possédiez, un scooter, une voiture, une moto ou un camion...
Il reste toutefois une constante. Celle de la peur ambiante des marchés et des nations (mais celles-ci sont très discrètes). Explication : Nous vous avons déjà dressé un portrait de l'état des ressources naturelles du pétrole (1), du moins de l'état présumé, car il est difficile d'établir des valeurs à partir de données quasi inexistantes ou tenues secrètes. Mais tout laisse à penser que nous sommes sur le déclin en matière de ressources en énergies fossiles, et plus particulièrement pour ce qui a rapport avec l'or noir (2). D'où cette crainte des marchés et des nations. Car le pétrole ne sert pas seulement à fabriquer nos carburants. Notre société moderne est entièrement basée sur le pétrole, et sur un pétrole bon marché. Même l'alimentation dépend du pétrole (machines, engrais, etc.). Ce déclin du pétrole inquiète, bien que peu de nations osent ouvertement aborder de front le sujet. Trop périlleux car trop cataclysmique.
Quant à ce paramètre dramatique - la raréfaction potentielle des gisements de pétrole - pour notre mode de vie actuel se superpose la demande des pays dits émergents (Chine, Inde, Russie, Brésil) à très forte densité de population qui poussent la consommation mondiale de pétrole vers des sommets himalayens, avec une prospective insondable quant à l'avenir de la demande (songez qu'en terme de nombre de voitures pour 1 000 habitants, la Chine n'atteint pas encore la moitié du quota d'un pays tel que la France en 2010), l'avenir s'assombrit fatalement aux yeux de tous.
Et enfin, quand à tous ces paramètres qui justifient à eux-seuls l'embrasement des marchés vient se superposer une instabilité politique, voire des guerres civiles qui peuvent mettre en péril l'acheminement du pétrole au sein-même des pays producteurs, les marchés ont le pistolet sur la tempe, prêt à faire feu à tout moment.
Répondre de manière doctorale relèverait de la pure fantaisie ! Trop de paramètres s'entrechoquent ici : crise économique, dettes souveraines, effondrement partiel du système, guerres et rumeurs de guerre, raréfaction de la matière première, pic de consommation des pays émergents, difficulté d'approvisionnement, terrorisme... À partir de ces éléments, établir un diagnostic prospectif s'apparenterait à une loterie et nous offririons autant de crédit à le faire qu'un grand marabout qui vous promettrait le retour de l'être aimé en 15 jours, 2 incantations et 60 000 Frs... Quoi qu'il en soit, une chose au moins est sûre : c'est que l'avenir n'est pas rose, l'avenir est morose... Au mieux, le pétrole poursuit une phase plutôt exponentielle de son enchérissement. Au pire, le prix du baril explose (tout en gardant à l'esprit qu'il peut aussi bien s'effondrer dans ce contexte). Quel que soit le scénario retenu par les circonstances, il aura lieu : c'est juste une question de temps, le ver, lui, est déjà dans le fruit...
Nous n'allons pas vous conseiller d'investissements en bourse, ni vous préconiser de consacrer toujours la même somme pour faire votre plein et rendre ainsi transparentes les augmentations successives, car viendra bien un moment où vous tomberez en carafe à mi-chemin entre votre boulot et votre maison, donc ce serait une vraie-fausse bonne solution... Non, de manière plus pragmatique, nous allons vous proposer un mode de conduite et quelques astuces qui vous permettront, sur le long terme, de diminuer sensiblement votre consommation d'essence ou de gasoil. Car il n'y a pas de secret : le premier économiseur d'essence à bord de votre véhicule - gratuit et durable - c'est vous. Enfin, ne jamais oublier que le prix du carburant à la pompe, c'est tout de même environ 60% de taxes étatiques...
Plus facile à dire qu'à faire de ne pas utiliser son véhicule lorsqu'on habite au Mont-Dore, à Païta, à Dumbéa ou que l'on doit se rendre à La Tontouta chaque jour, par exemple. Il existe toutefois une solution qui peut réduire de moitié et même plus, votre budget essence : le covoiturage.
Très développé dans certains pays, le concept tend également à prendre ses marques sur notre Territoire. Témoin la naissance du premier site dédié à ce phénomène en Nouvelle-Calédonie : www.nc-covoiturage.nc. Le principe est aussi simple qu'efficace. Vous utilisez votre voiture pour moitié pour vous rendre à votre travail, l'autre moitié du temps étant couverte par un ou des tiers qui vous embarquent dans la leur. Évidemment, si vous êtes nombreux, la fréquence d'utilisation peut être réduite d'autant. L'économie est substantielle : vous divisez au minimum par deux votre budget carburant travail.
Inconvénients : ils coulent de source. Vous perdez en autonomie. Mais selon votre degré d'affinité avec votre "co-voitureur", tout reste possible et des arrangements sont parfaitement loisibles dans le meilleur des cas (courses, rdv). Et dans le pire des cas, s'il vous faut prendre la voiture tout seul une fois, cela ne remettra rien en cause. À cogiter le covoiturage, qui présente une multitude d'autres avantages dont le débat n'a rien à faire dans ces colonnes (pollution, épargne usure voiture, convivialité éventuelle, etc.).
À défaut de covoiturage, vous pouvez opter pour une conduite optimisée, dite aussi éco-citoyenne. Celle-ci vous permettra soit d'épargner du carburant, soit de ne pas en sur-consommer. Car la frontière est ténue entre les deux, le principe étant de ne pas alourdir votre budget carburant à la fin du mois.
Roulez moins vite, respectez les limitations de vitesse, et vous consommerez moins. Ni sur-régimes, ni sous-régimes, roulez sur les valeurs optimales du couple, « à l'oreille » vous entendrez le fonctionnement du moteur et le régime où il se sent le mieux.
Anticipez sur la route, voyez loin, vous y gagnerez en sécurité, et vous vous épargnerez des relances, rétrogradages, très gourmands. Conduire, c'est comme gouverner, il faut prévoir.
Ne laissez pas votre moteur au ralenti trop longtemps (jusqu'à 4L/heure). Ne faites pas comme tous ces insouciants qui laissent des minutes entières leur moteur tourner et discutent avec autrui. Si vous êtes bloqué dans un embouteillage, n'hésitez pas à couper. Les systèmes Start & Stop gèrent cela pour vous pour les véhicules - les plus récents - qui en sont équipés.
Utiliser à bon escient la climatisation. Ne pas en abuser autant que faire se peut. Toutefois, si vous partez en brousse, préférez la climatisation aux fenêtres ouvertes. Votre confort sera optimal et, finalement, vous ne consommerez pas davantage (les fenêtres ouvertes brisent l'aérodynamisme).
Ne conservez pas de la charge dans votre voiture. Cela a un coût à cause du surpoids. Évalué sur 100 km, cela ne pèse pas bien lourd, mais sur 20 000 km, c'est parfaitement quantifiable.
Par entretien mécanique, il ne faut pas entendre spécifiquement « révision », même si un entretien suivi de votre véhicule ne pourra être que de nature à favoriser l'épargne de carburant. Non, nous voulons parler de cette spécificité d'entretien qui, induira une épargne d'essence ou, vous préservera d'une surconsommation, ce qui, à le bien prendre, revient au même, le principe intangible étant de ne pas consommer au-delà du strict nécessaire.
Le filtre à air. Un filtre à air colmaté peut induire une surconsommation de 10%. Énorme ! À surveiller de près, tous les 15 000 km environ pour un coup de soufflette et changement à 30 000 km. Mais cela dépend aussi de votre environnement. Les pneumatiques. Si ils sont à la bonne pression, vous aurez tout à gagner. Y-compris des économies d'essence. 100 grammes en moins dans vos pneus, c'est au minimum 4% de consommation en sus. Ôtez tout appendice inutile ; Le coffre sur le toit, le porte-vélo à l'arrière. Ne parlons même pas des bull bars et autres accessoires qui pénalisent le Cx (coefficient de pénétraton dans l'air) d'un véhicule et grèvent sa consommation. Les lubrifiants. Certaine huiles dites de basse viscosité peuvent générer une petite économie de carburant (2 à 4 %, selon moteur). On les identifie par leur classification ACEA qui se terminera par "1″. Par exemple, A1 (essence) et B1 (diesel).
Certains additifs complémentaires peuvent aussi vous aider. Mais cela reste exceptionnel.
Bah ! On est mal barré... Pétrole and the rock's, ça ne désaltère pas, ainsi que le chantait Michel Sardou. C'est pourtant la seule boisson énergétique qui convienne à nos moteurs. Et il va bien falloir qu'on apprenne à s'en passer. Tout doucement, sans faire du bruit, fatalement, puisque les motorisations seront de moins en moins mécaniques... En tout cas, fors les soubresauts économiques peints un peu plus haut, qui pourront être violents, les cours du pétrole ne cesseront de monter... Faute de pouvoir les suivre, il vous faudra bien, vous, redescendre sur terre et vous adapter. Ce que la Loi et ses foudres qui se négocient de manière aléatoire en espèces sonnantes et trébuchantes ainsi qu'en privation de conduire n'auront pas obtenu, l'explosion des prix à la pompe pourront bien vous y contraindre. La plus grande économie que vous puissiez réaliser est de moins rouler en voiture. Mais abstraction faite de cette solution radicale, ces quelques observations d'usage vous permettront à coup sûr de limiter les dégâts financiers. Pas de solution miracle, cependant. Du simple bon sens mécanique et comportemental. Car pour les miracles, il vous faudra vous adresser directement à l'administration céleste... Si tant est qu'elle existe et vous entende...
Annotations :
(1) Voir Dossier "Fin du Pétrole : Vers une ère apocalyptique ?!"
www.argus.nc/mag/dossiers/44-fin-du-petrole-vers-une-ere-apocalyptique
(2) Voir dossier "Histoire du Pétrole : Du 1er puits au pétrole roi, des magouilles aux catastrophes, de la lampe à pétrole à l'automobile" - 1ère partie L'Argus de NC n°116 (octobre/novembre 2010) – 2ème partie www.argus.nc/mag/dossiers/633-du-premier-puits-au-petrole-roi
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