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Mise en circulation

ANTINÉA

antinea 2 ans fermes et 1 million d'amende pour les 2 prévenus, tous 2 responsables mais dont l'un a été reconnu coupable.

Émotion contre calcul
L'après-midi de ce lundi 7 novembre la salle d'audience du Tribunal s'est étiré lentement entre digne émotion et stratégie d'évitement, fonction des intervenants.

Rappel des faits :
Nous sommes alors le 26 août 2009 entre 12h45 et 13h30, rue Georges Lèques À Tina s/ Mer. Antinéa Kawka, âgée de 15 ans, sortie du Collège, est sur la route du retour à la maison au guidon de son cyclomoteur quand survient l'accident qui va l'emporter.

La Salle d'audience Concours de circonstances où la fatalité ne peut avoir sa place
Monsieur P. Sea, chef d'équipe maçon dont on ne sait toujours pas s'il est patenté ou salarié - une procédure est en cours pour le déterminer - conduit un fourgon avec remorque appartenant à la société EGPG rue G. Lèques. Dans une courbe de la rue en descente, il est gêné par un camion de déménagement (City Express) stationné à cheval sur le trottoir et la route d'un côté et un autre camion de la même société, stationné en face, obérant la visibilité. Contraint de franchir la ligne médiane pour faire passer (au plus vite) les 10 mètres de son ensemble devant le camion gênant, monsieur Sea déboîte...

Venant en face et circulant régulièrement sur sa voie à vitesse normale, Antinéa se retrouve en un temps circonscrit, face à un mur de 3 gros véhicules qui ne lui laissent aucun espace pour s'échapper et se retrouve sans issue dans une nasse. C'est le choc frontal ! Estimé à 90km/h par addition de la vitesse de chacun des véhicules impliqués (50 pour le camion et 40km/h pour le cyclo), l'issue ne pouvait être que fatale à Antinéa selon l'enquête de Police.

Prévenus solidaires en responsabilité
Déjà sous le coup d'une suspension de son Permis de Conduire, monsieur Sea par l'intermédiaire de son défenseur, Me Fisselier, n'avait que peu d'arguments autres que des artifices sans poids réel à faire valoir pour tenter d'atténuer sa part de responsabilité. Également prévenus, la sarl City Express en qualité de personne morale et son gérant, Monsieur Chabert, en sa qualité de personne physique, comparaissaient conjointement et solidairement au motif de négligences en matière de signalisation d'un risque de voie publique. Monsieur Chabert et la sarl City Express, défendus par Me Berquet, n'ont pas nié cette négligence professionnelle, mais réfutaient la responsabilité personnelle du gérant, absent des lieux au moment de l'accident.

La dignité des parties civiles émeut la Salle d'audience...
C'est d'une voix grave et posée que Me Deswarte, avocat de la famille d'Antinéa, a pris la parole. Irrité par les vaines manoeuvres de la Défense pour amoindrir la part de responsabilité des prévenus, Me Deswarte a réclamé le respect dû à la mémoire d'Antinéa et à la douleur de sa famille, en lieu et place du sentiment de mépris que laissait planer la rhétorique adverse. Les nombreux témoignages et les expertises ne laissant pas de place au doute, Me Deswarte insistait sur le besoin de Justice et l'absence d'esprit revanchard qui habite les parents et proches d'Antinéa, aujourd'hui militants actifs pour plus de sécurité routière à travers l'Association Antinéa,

Les parents d'AntinéaDe l'émotion et des larmes
Caroline Kawka, maman d'Antinéa, a part l'intermédiaire de son avocat, demandé à prendre la parole pour lire un texte. C'est à la barre, la gorge nouée par l'émotion, que Caroline à lu ce qu'aurait pu être son dernier échange avec sa fille à terre et se mourant. Dans une ambiance lourde d'émotion contenue, les mots de Caroline ont touché le public venu en nombre (Association Antinéa & FMNC) comme la Cour et les professionnels sur place.





Les réquisitions du Procureur Ansquer
Après quelques questions pratiques à l'adresse des prévenus, le Procureur de la République a sobrement énoncé ses réquisitions. À l'encontre de monsieur Sea Petelo : 30 mois de prison avec sursis possible, l'annulation du PC suspendu et 2 de carence avant de le repasser.
À l'encontre de la sarl City Express : 1 million de francs d'amende.
À l'encontre de monsieur Chabert : 6 mois de prison avec sursis et 300.000 francs d'amende.

Invités à se prononcer une dernière fois pour leur défense, les prévenus ont saisi l'opportunité... Monsieur Sea a ainsi demandé pardon à la famille d'Antinéa, et monsieur Chabert a redit, qu'il assumait sa responsabilité et témoigné de sa compassion à l'endroit des parties civiles.

Les soutiens de la famille KawkaLe Jugement
Après les délibérations, la Cour revenue en Salle d'audience, a délivré son jugement.
Reconnaissant la responsabilité de monsieur Sea Petelo, le condamne à : 3 ans de prison avec effet immédiat (mandat de dépôt), assortie d'un sursis de 12 mois, l'obligation de suivre un traitement contre l'addiction à l'alcool et ultérieurement à participer à l'indemnisation des Parties Civiles.
Reconnaissant monsieur Chabert comme responsable de négligence, le condamne à 6 mois de prison avec sursis et 5 ans de probation.
Reconnaissant la responsabilité de la sarl City Express - personne morale - la condamne à une amende de 1 million de francs qui sera déduite de 20% en cas de règlement dans le mois.

Premières réactions :
Même s'ils auraient souhaité, au fond d'eux-mêmes, une peine plus lourde à l'endroit du chauffard condamné, Caroline et Jacky Kawka sont cependant satisfaits du mandat de dépôt délivré à l'encontre de monsieur Sea et de son incarcération immédiate. Pour autant, l'affaire n'est pas close et rendez-vous est pris pour le mois de mars dans le cadre d'une audience au Civil, qui devra déterminer le montant de l'indemnisation du préjudice subit par la famille. Au-delà de la procédure et des culpabilités démontrées, la famille Kawka, à l'instar de tous ceux qui souffrent dans leur chair, ne pourra jamais réduire la perpétuité de sa peine !
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