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Essai Can Am Spyder RS

 

Un mutant débarque !

can am spyder rsNi voiture, ni moto, les mauvaises langues prétendront que le Can Am Spyder cultive avec une rare constance les inconvénients des deux : le gabarit d’une voiture et l’absence de protection d’une moto. À mon avis, ceux-là n’auront rien compris à la philosophie de ce véhicule conduisible avec le permis VL (sauf en Polynésie Française et en Grèce où le permis moto est obligatoire) qui est lui-même, ni une voiture, ni une moto, mais un “Spyder”. Dédié avant tout au plaisir (on ne l’achètera pas pour aller faire ses courses au supermarché du coin), le Can Am Spyder, d’origine Canadienne, est un tricycle à moteur : 2 roues à l’avant, une à l’arrière et un moteur de moto bi-cylindre en V de 998 cm3, spécialement retravaillé dans ses courbes pour l’occasion... Et - surtout ! - une gueule à faire se retourner le plus blasé des passants...
Rien que ça... Moteur !, pour un essai tout à fait hors série...

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moteur
Il s’agit d’un moteur de moto, celui notamment qui équipe certaines Aprilia 1000, moteur autrichien Rotax, bi-cylindre en V, de 998 cm3, fort de 106 ch à 8 500 tr/mn. Il est associé à une boîte séquentielle semi-automatique (sans embrayage manuel) à 5 rapports, accessibles depuis le pouce gauche sous la forme d’une palette, boîte qui dispose également d’une marche arrière électronique, indispensable pour manoeuvrer ce Can Am Spyder de plus de 300 kg sans descendre de la selle. Nous glissons sur les procédures de sécurité pour mettre en route et ébranler le V2 Rotax pour nous consacrer sur le fonctionnement de cette boîte séquentielle qui s’est révélée, déflorons un mystère qui n’en sera jamais un, absolument parfaite à l’usage ! L’électronique, très présente à bord de ce Can Am Spyder, fait de cette entité un modèle du genre. Si des a-coups se font sentir lors de la montée des rapports (largement amortis si l’on décélère à l’instar d’un embrayage manuel), la gestion est rigoureuse. Si vous gérez mal la décélération, en fait si vous oubliez de tomber les rapports, par sécurité le système les tombe pour vous, de sorte qu’à l’arrêt vous vous retrouvez toujours en première, ce qui est un avantage pour vous comme pour la mécanique. Le frein moteur - important - est parfaitement préservé. Pour monter les rapports, on appuie sur la palette, pour les tomber, on ramène la palette à soi d’un doigt, et de manière fort instinctive. Petit handicap pour un motard : le passage des vitesses se trouve par commodité à l’emplacement du klaxon pour une moto, et du fait, au départ, la confusion peut avoir lieu. Avantage de la transmission séquentielle : les démarrages en côte se font sans difficulté. Il suffit d’accélérer et éventuellement de doser le frein à pied pour ne pas légèrement reculer en cas de forte déclivité.
Le moteur moto Rotax a été dégonflé pour l’occasion, offrant plus de couple mais moins de puissance, évidemment. Ces accélérations sont enlevées mais linéaires. Et c’est ce qu’il faut pour piloter dans des conditions sereines le Spyder. La puissance ne fait pas défaut toutefois et la souplesse du moteur se laisse apprécier. Les 5 rapports sont suffisamment exploitables pour se conformer à de nombreux usages routiers. Le troisième rapport permet notamment une plage d’utilisation très vaste, allant de vitesses relativement faibles à des accélérations et des pointes toniques.

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Oubliez moto et voiture, et faites-vous une idée neuve, en roulant sur des oeufs les premiers kilomètres. Fort pourtant d’une expérience que nous pourrons qualifier, allez fi de modestie !, d’insondable..., au terme de près de 20 ans d’essais d’engins de toutes sortes au profit de votre magazine, et disposant d’un Can Am Spyder confié sous la pluie et en ville, après un briefing très serré du propriétaire, légitimement inquiet aux entournures, c’est rien de dire que les premiers tours de roue furent déconcertants. J’avais le sentiment que mon Spyder voulait à chaque virage aller voir sur l’autre voie les véhicules qui s’y trouvaient. La chaussée glissait, mon pneu arrière était arrivé au terme d’une vie certainement trépidante fort bien comblée, et n’aspirait qu’à une retraite méritée. Et pourtant, foin de tout cela, il reprenait du service, et dans des conditions difficiles. Donc, ça glissait un peu, vous l’aurez compris. Et avec cette fâcheuse tendance à vouloir à tout prix déborder du virage, sous-virer à qui mieux mieux à chaque courbe, l’attention était de tous les instants ! D’autant qu’en dépit du guidon, il n’y a pas de frein au poignet droit, mais une unique pédale : se marteler cela à l’esprit ! :-)

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Nous passons par les Portes de Fer. Au feu rouge du cimetière du 4è, nous prenons à gauche (car nous roulons en binôme, avec une version RT grand tourisme de ce Spyder. Perso, je dispose de la version Sport, plus puissante). Nous nous engageons plus loin sur la voie express, et je commence d'accélérer, de doubler... Bilan : des policiers m’interceptent à l’Etrier ! Ça commence fort... On repart.. Direction le péage de la Savexpress. La route est sèche : il ne pleut plus. Et à partir de là jusque sur les hauteurs de Savannah et retour, je me suis senti pousser des ailes, j’ai ouvert grand les gaz dans les limites de la législation, avec des virages franchis avec une certaine allégresse.

Les virages avec le Can Am Spyder : Lorsqu’on n’a pas pris encore le dessus sur le Spyder, on éprouve le sentiment qu’il fait tout pour vous faire sortir de votre axe routier. En fait, il faut piloter le Spyder en permanence. C’est une philosophie, et dès que vous captez le mode d’emploi, il faut bien reconnaître que si vous aimez la route et les machines qui ont du caractère, vous prenez un plaisir de conduite à nul autre comparable assis sur sa selle. Il faut se battre avec le guidon, déhancher son corps pour maîtriser la force et l’angle du guidon, et ça passe à des vitesses proprement stupéfiantes, certainement grâce à l’électronique embarquée qui gère la motricité. Faire attention toutefois à ne pas couper brutalement les gaz dans les courbes à très haute vitesse, cela vous fera perdre votre trajectoire et le sous-virage vous guette alors, ce qui peut être dangereux. C’est assez physique au final et l’attention doit rester élevée, voire très soutenue lorsque le rythme s’accélère. Le guidon oppose une force réelle avec laquelle il faut composer. Il faut adapter sa conduite et non pas poser son cul sur le Spyder en pensant qu’on a tout connu et qu’on sait tout faire.

Attention au départ à la réactivité du train avant, un peu façon kart. Démarrer avec beaucoup d’humilité, ça viendra ensuite si vous n’êtes pas un manche.

Est-ce qu’un motard est avantagé : Oui et non à la fois. Oui, parce que certains paramètres peuvent aider (guidon, comodos, gestion du trafic sans carrosserie, etc.). Non parce qu’au final, la conduite n’a rien à voir.

freinage

Un seul frein couplé, au pied droit. Efficace, mais la pluie qui a émaillé le parcours nous a empêché de le tester dans les meilleures conditions. Qui plus est, nous avions beaucoup de choses à sonder sur cet engin inédit et dès que la route fut sèche, la priorité a été donnée à l’essai moteur / tenue de route. Toutefois, il semble que les 3 disques offrent à la fois un freinage très progressif et incisif à la demande. Sous toute réserve, toutefois.

Au jour de notre essai, il a plu, et nous avons été mouillés. Cela mis à part, s’agissant du vent, la surprise a été plutôt bonne parce que même à des vitesses soutenues, la pression, en dépit de la petitesse du saute-vent, reste tout à fait raisonnable. Le bilan, compte tenu de l’absence de carrosserie ou de bulle importante, est relativement positif.

confort

Il est de très haute volée tant que la route ne se dégrade pas. Après il est difficile, sur un tricycle, d’éviter les trous et autres dénivelés, car vous avez 2 roues sur le côté et une au milieu : vient donc ipso facto un moment où une roue tombera dans l’ornière et vous le fera savoir. Très sensible sur le Spyder. Au chapitre du confort, on pourra rajouter un coffre assez vaste sur l’avant et qui sera très utile pour l’équipement. Enfin, on appréciera les arrêts aux feux rouges, parfaitement installé, sans déséquilibre, les deux pieds sur les cale-pieds...

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Eh bien, si l’on fait abstraction des premiers kilomètres sous la pluie, en ville et sans expérience, moment où l’on est fondé à se demander durant quelques instants ce qu’on est venu foutre dans cette galère en pestant contre les compromis (3 roues), la suite nous a proprement régalé. N’empêche, il faut bien maîtriser le Spyder avant de se la péter avec ou vous risquez d’avoir une drôle de (mauvaise) surprise avec. Passé cet écueil, le plaisir de pilotage est intense, la frime assurée : qu’espérer de mieux ? Le mot de la fin à notre binôme pour cet essai, lui même propriétaire de la Version RT (grand tourisme) du Spyder : “À 110 km/h, à moto on s’ennuie, sur le Spyder on pilote”... Tout est résumé dans cette sentence.

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  • MOTEUR : bi-cylindre en V Rotax, 4T, DACT, refroidi par liquide, inj. électronique + convertisseur catalytique. 998 cm3, 106 ch à 8 500 tr/mn. 104,3 Nm à 6 250 tr/min.
  • TRANSMISSION : 5 vitesses, boîte type séquentielle semi-automatique + courroie.
  • SUSPENSION : AV Bras triangulaires doubles avec barre anti-roulis + amortisseurs. AR Bras oscillant avec amortisseur simple
  • FREINAGE : AV étriers à 4 pistons avec ABS et disques de 260 mm - AR étrier à simple piston avec ABS, disque de 260 mm.
  • DIMENSIONS : L 2,667 m, l 1,506 m, H 1,145 m.
  • PNEUMATIQUES : 165/65/14 (AV) - 225/50/R15 (AR)
  • POIDS (à sec): 316 kg
  • RÉSERVOIR : 25 l
  • PRIX : XXX
  • GARANTIE : XXX
  • Style invraisemblable
  • Mode pilotage on
  • Coffre à l’avant du Spyder
  • Moteur + boîte séquentielle
  • Ne nécessite qu’un permis VL
  • Confort sur chaussées dégradées
  • Pas fatalement indiqué pour les moins doués
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