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Mise en circulation

ON A TESTE

Une huile haut de gamme 100% auto dans un bouilleur de moto à embrayage immergé ? Impossible et suicidaire selon la pluralité des motards ! Iconoclastes, nous avons décidé d’employer la pire de ces huiles, savoir paradoxalement l’une des meilleures. Bref ! Le type même d’huile qu’un motard fuirait comme la peste parce qu’elle est censée faire patiner son embrayage multidisques à bain d’huile… Cette huile «Low Saps» automobile employée dans un moteur de moto, refroidi par air qui plus est, en fait un moteur soumis à de rudes contraintes mécaniques et thermiques en Nouvelle-Calédonie, est un choix fort singulier... De surcroît, le moteur de la moto de ce test tourne à hauts régimes (près de 10 000 tr/mn) mais se révèle de conception déjà ancienne, nécessitant donc tout ce qui fait presque défaut aux huiles «Low Saps» 100% Synthétiques. Ces lubrifiants moteur sont de fait des huiles à bas taux de cendres sulfatées, de phosphore et de soufre, ces derniers se révélant des additifs anti-usure avec lesquels notre moteur d’essai est conçu pour fonctionner en des proportions bien plus élevées ! Alors casse ou pas, incidents ou pas ? À lire...

Le lubrifiant Low Saps

Le but de ces huiles de dernière génération : préservation des systèmes catalytiques des voitures modernes, lutte indirecte contre l’excès de pollution et réduction de la consommation. Ces huiles ‘’Low Saps’’ ont assez mauvaise presse sur les forums de voitures sportives à cause précisément des additifs anti-usure traditionnels peu présents dans leur formulation. L’huile de notre test, AVIA Synth 5W40, est par ailleurs a priori trop fluide pour être utilisée dans un moteur (celui de notre moto) pour lequel il est conseillé d’employer une huile plus visqueuse (épaisse). Enfin ses grades APi ultimes la rendent théoriquement incompatible avec les embrayages immergés - à bain d’huile - des motos. En substance, une huile 100% automobile moderne qui, selon le marketing de certains huiliers, n’est pour le moins pas en adéquation avec un moteur de moto.

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Joint de carter d’embrayage HS

L’issue du test prévoyait une analyse de l’huile en laboratoire en France afin de déterminer un bilan de santé du moteur et observer la tenue du lubrifiant soumis aux contraintes de cisaillement propres aux moteurs de motos. Las, peu avant l’échéance, le joint de carter d’embrayage commença à présenter des signes évidents de fatigue qui se traduisirent rapidement par des écoulements huileux de plus en plus conséquents. Songeant initialement que la fuite serait suffisamment contenue pour ne point altérer le test grâce à des remplissages d’appoint avec la même huile, force nous fut de constater par la suite que la fuite, devenue ingérable par de simples approvisionnements ponctuels, nécessita le recours à d’autres fonds de bidon pour compléter le niveau. Un peu pris par diverses choses quotidiennes, le facteur temps s’est finalement révélé plus prompt que nous à précipiter les événements. Vînt de la sorte le moment où le test ne fut pas loisible et l’huile frelatée par des apports extérieurs trop dissemblables... Partant, nous devrons donc nous contenter de résultats in vivo… Bien que le test en perde singulièrement en portée comme en profondeur, les enseignements que nous pouvons en tirer ne sont pas pour autant dépourvus d’intérêt. À fortiori quand cette moto continue de fonctionner sur la base de la précédente vidange, celle qui a initié notre test...

Bilan

La moto est là et roule toujours avec les reliefs de la vidange qui a vu l’introduction du test, nous l’avons dit. Environ 12 000 km ont été parcourus depuis. En grande partie remplacée toutefois par des huiles minérales et synthétiques d’origines diverses qui se sont vues rajoutées pour parer à la fuite du joint d’étanchéité du carter d’embrayage. Nous aurons tout de même roulé près de 8 000 km avec cette huile Low Saps. Nos constatations seront mineures et capitales à la fois :

  • Strictement aucune incidence mécanique
  • Comportement mécanique inchangé
  • Consommation d’huile à l’identique
  • Fonctionnement de l’embrayage parfait
  • Filtre à air inchangé
  • Bougies inchangées
  • Fiabilité toujours d’actualité
  • Moto 55 000 km aujourd’hui

NOTRE AVIS

Bien sûr, ce test n’a pas valeur de référence souveraine. Il s’agit d’une huile répondant à des normes controversées en matière de 2 roues, introduit dans un moteur avec embrayage baignant dans l’huile, et n’ayant eu aucune espèce d’incidence sur son fonctionnement. À le bien prendre, c’est déjà pas si mal. On a là la manifestation pratique de la compatibilité et in vivo des huiles les plus automobiles avec les moteurs de motos. Alors bien sûr, une hirondelle ne fait pas le printemps. Mais en même temps pourquoi dès lors se montrer si catégorique au lieu que de nuancer les possibilités, les risques ? Peut-être qu’une telle huile ne sera pas compatible avec les embrayages les plus sensibles ? Mais affirmer qu’elle ne l’est pas du tout relève de la stratégie commerciale pour certains et du béni-oui-ouisme pour les autres… Ou de la farce mécanique. C’est selon… Nous ne serions pas vous encourager à utiliser de telles huiles, ce n’est pas notre dessein. Vos motocistes disposent de toute une gamme certainement plus en adéquation avec les bouilleurs qui font battre le coeur de vos motos que cette huile. Par ce test, même avorté, nous tenions simplement à mettre le doigt sur la force parfois ridiculement outrancière de l’industrie du lubrifiant, elle-même poussée à la faute par des consommateurs extrêmement sourcilleux et prêts à admettre les hérésies les plus cocasses pourvu qu’elles aillent dans le sens de ce qu’ils aiment à entendre, savoir que leur moto est un engin absolument exceptionnel ! Une huile auto, la plupart du temps, conviendra donc parfaitement à un moteur de moto. Après chacun de voir midi à son heure et de déterminer en toute conscience les choix les plus raisonnables ...

DES TESTS, UNE TRADITION

L’Argus de NC est fort d’une tradition de tests et d’essais, qui mettent un point d’honneur à se positionner au niveau de l’automobiliste ou du motard lambda, tout en détaillant techniquement les pourquoi et les comment des certitudes qu’il avance. Tests pratiques renforcés dès lors bien souvent par un contrôle plus scientifique via des laboratoires métropolitains. Notre magazine a ainsi pu démontrer au fil des parutions l’effet de certains additifs moteurs sur son usure, l’inanité de certaines publicités outrancières locales et internationales, l’influence de la basse viscosité dans le comportement d’un bloc sportif, l’incidence de la chaleur de nos climats sur le volume des carburants à la pompe, et bien d’autres choses encore... Ses dossiers ont fait référence sur des forums réputés de l’Internet francophone. C’est souvent du reste en consultant des forums et en écoutant parler les uns et les autres, que ce soit dans le milieu auto ou dans le milieu moto, que les idées se font jour tant le niveau des commentaires peut révéler les tendances, les boniments, mais aussi la crédulité d’une part non négligeable des internautes...

Commentaires

avatar 999R
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Bonjour ,

On peu effectivement tout tenter mais LA grosse différence à priori non prise en compte est qu'une huile moto doit lubrifier à la fois l'attelage mobile ET la boîte de vitesses.
Une huile voiture , que l'attelage mobile .
De mémoire , la Peugeot 106 faisait les 2 en même temps (mais beaucoup n'étaient pas nés à cette époque) ...
Donc , une huile moto est additivée pour lubrification de la BV .
Les moteurs ROTAX 4T d'avion/ULM réductés doivent utiliser une huile gamme moto pour lubrification du réducteur à pignons .
Perso , je dirais "chacun son boulot " mais comme on est en République (bananière)chacun fait ce qu'il veut .............
Gaffe aux mecs bourrés .
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