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Fin tragique dans le col de la Pirogue

C’est l’histoire d’un jeune homme venu en vacances voir un parent en Nouvelle-Calédonie après avoir économisé quelques années pour mener à bien ce projet. C’est l’histoire de la fin de ce jeune homme qui y trouve la mort au cours d’une banale promenade à moto...

Le jeune motard qui est mort ce jour-là devrait encore vivre. Sa chute était résolument sans gravité. Mais ces fameuses rambardes non dédoublées, que notre magazine a si souvent dénoncé en obtenant leur amendement sur certaines portions de routes (Savexpress), en ont décidé autrement. Encore une fois un usager de la route - et l’on se rappelle il y a quelques années le policier décapité dans les mêmes conditions - en a fait les frais.

Cette victime de 25 ans était le neveu et filleul d’un personnage fort connu et - à juste titre - estimé dans le microcosme de la moto. A l’origine du drame le Col de la Pirogue, franchi à vitesse modérée dans le sens nord-sud. L’on suppose, sans autre explication à disposition, qu’une seconde d’inattention fut à l’origine du drame. Ce n’était en rien un endroit dangereux, il ne roulait pas vite, il était très bien équipé : les rambardes non dédoublées et tranchantes comme des lames de rasoir ont rompu une artère carotide.

Jeune homme, en pleine santé, sans excès, qui sert son pays. Mort. Des dizaines de millions pour des jeunes qui cassent et agressent. Compromission. Un morceau de ferraille qui pourrait sauver une vie refusé dans un virage virtuellement mortel.

Tout cela fait désinvolte.

Cet article ne se voudrait pas écrit dans un esprit polémique. Demain, on l’aura oublié. Son éphémère existence (de l’article tout comme, à le bien prendre, de la victime), il ne la doit qu’à l’intensité de ce drame et au choc psychologique qu’il a induit. Il frappe une famille en Métropole, mais aussi chez nous. Pas une famille de quidams, mais une famille que nous estimons. Que tout le monde estime, il n’y a pas d’exception. Si la mort ne fait pas de favoritisme - il lui faut reconnaître cette vertu et son sens égalitaire en l’espèce - on aime mieux qu’elle aille faucher ailleurs que par-devant chez nous. La mort est beaucoup moins grave chez les autres. Mais on n’a pas envie pour autant de souffrir par négligence quand elle fauche à nos pieds : la mort violente en des circonstances qui eussent dû être joyeuses est purement inadmissible.

En tous cas, nous, on regrette ce drame, on regrette que ce jeune, neveu et filleul d’un Calédonien, soit mort en venant réaliser son rêve d’un séjour dans l’île la plus proche du Paradis. C’est indigeste. Il est arrivé dans la fleur de l’âge, il avait 25 ans, et il est rendu à ses parents quelques jours plus tard dans une urne funéraire. Tout ça pour un morceau de métal qui faisait carence sur la route. On dit quoi après ça ? Fatalitas ? Incurie ?

Je ne sais pas, à dire le vrai. Il faudrait demander ça à la famille.Je pense à eux et je n’aimerais pas être à leur place...Mais les morts ne sont vraiment morts que lorsque les vivants les ont oubliés, dira le philosophe… Piètre consolation.

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