La Formule 1 et la pollution, ou pourrions-nous plutôt titrer en un titre à rallonge et pédant : "les notions impératives de lutte contre la pollution qui semblent totalement étrangères au petit monde de la compétition, et particulièrement de la F1". La Formule 1 est pourtant la vitrine technologique de l'automobile, et génère d'énormes moyens en termes financiers comme en terme ... de pollution. Bien consciente de ses excès et de l'incapacité aujourd'hui de les réguler, l'instance dirigeante de la F1 planche sur une future Formule 1 qui, à défaut d'être verte, se montrera moins arrogante et moins à contre-courant des valeurs de ce début de millénaire... Max Moley, président de la Fédération internationale de l'automobile (la FIA), n'a-t-il pas déclaré : "La Formule 1 doit revenir en prise avec la réalité"...
Quelques chiffres désobligeants pour la F1 :
Loin de remettre en cause les fondements de la Formule 1, véritable laboratoire et vitrine technologique de l'automobile (on se rappellera que la Formule 1 est à l'origine de nombreuses avancées sur nos véhicules de tourisme : l'injection, les freins à disques comptent parmi les évolutions techniques à porter au crédit de cette discipline), les instances dirigeantes de la F1 se penchent désormais sur ses faiblesses avant qu'on ne les leur reprochent trop ouvertement.
Et il y a du boulot ! Les écuries sont parfaitement conscientes des progrès à réaliser, mais aussi du budget à y allouer, à l'heure où l'on évoque un nivellement de ceux-ci afin de favoriser fort démocratiquement les petites écuries. On ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre, en quelque sorte.
Pour les déplacements à travers toute la planète, pour l'heure il n'y a pas de véritables solutions pour toute une multitude de raisons. La raison même du business de la F1 réside précisément dans son internationalité. Le jour où le pétrole viendra à manquer, alors ce sera une autre antienne. Mais pour l'heure, difficile de localiser la Formule 1 en une région déterminée du monde.
Pour le reste, il y faudra le temps. Mais les solutions envisagées à court terme portent sur une réduction de la cylindrée et du régime du moteur (actuellement une F1 prend 19 000 tr/mn), l'option d'un carburant 'vert" (ce qui peut impliquer plus de désastre que l'utilisation d'une énergie fossile, selon l'origine de l'agro-carburant) et une quantité de carburant uniforme pour chaque écurie, à charge pour chacune d'adapter leur consommation à la quantité fournie !
On le voit, les couloirs de la F1 sont comme ceux du temps : ils sont étroits, très étroits. A fortiori quand l'intérêt de la discipline décroît proportionnellement au gigantisme des budgets alloués ! Ah... Il est bien loin le temps des François Cever, ou même des frasques de Prost et Senna... On en vient même à regretter Schumacher à ses débuts. C'est dire ! Pour couronner le tout, la FIA est régulièrement en butte à la fronde des plus grands constructeurs de son championnat, qui ne supportent pas qu'on leur impose des règlements trop contraignants. Entre le marteau et l'enclume, la FIA a donc fort à faire, et il n'est point nécessaire d'être grand devin pour conjecturer que l'avenir de la Formule 1, ses contours, se dessineront dans les toutes prochaines années. Bien malin, audacieux ou fantaisiste celui qui hasardera un pronostic. Ce qui est sûr, c'est que la F1 devra s'adapter et évoluer assez rapidement. Si elle ne le fait pas dans les temps, c'est le temps qui la rattrapera. Gouverner, c'est prévoir, et la FIA doit prévoir la fin d'un système tel que nous l'avons connu, tous, depuis toujours.
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